Chères collègues,
Chers collègues,
 
Face à l’inflation et à la vie chère, l’actualité du calendrier confronte deux modèles de justice sociale. D’un côté certains préfèrent accorder la priorité aux primes quand pour d’autres la priorité va à l’augmentation de salaire.
Au SNESUP-FSU ainsi qu’à la CGT nous avons privilégié, dans le dialogue entretenu avec le ministère, l’augmentation de salaire pour tous plutôt que l’augmentation des primes pour quelques-uns.
En effet, en période d’inflation galopante, l’augmentation salariale nous paraît la seule véritable solution pour ne pas scinder les universités en deux groupes de personnels : ceux bénéficiant des primes (dont le pouvoir d’achat sera préservé et même pour certains en augmentation) et ceux n’en bénéficiant pas (dont le pouvoir d’achat sera gravement affaibli). Ce recours aux primes pour contrer l’inflation accroît alors les inégalités des actifs. Ainsi, nous n’estimons pas juste que le niveau de vie d’un petit groupe augmente (parfois sensiblement) quand la majorité des collègues vit l’expérience du déclassement. Aussi avons-nous défendu une augmentation de 8% à 10% des salaires ainsi que la refonte des grilles indiciaires.
Les mêmes syndicats qui célèbrent aujourd’hui l’augmentation des régimes indemnitaires et s’en attribuent la paternité, suggéraient à l’époque qu’il ne fallait pas rêver et qu’une demande de 8 ou 10% d’augmentation des salaires n’était pas raisonnable. Fallait-il reprendre en cœur les arguments du gouvernement en claironnant que depuis trente ans nous n’avons pas vu une augmentation de 3,5% du point d’indice ? (précisons qu’il y a une trentaine d’années les salaires étaient indexés sur l’inflation, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui).
Qu’avait d’exagéré, en avril et en mai, une demande d’augmentation de 8 % ? C’est l’inflation annuelle à laquelle nous arriverons en fin d’année. Ainsi, par un tour de passe-passe, on veut nous faire croire qu’une augmentation de salaire de 3,5% nous aura fortement revalorisé alors que nous aurons perdu en décembre plus de 4% de pouvoir d’achat pour cette seule année (auquel s’ajoute les 15 % de perte depuis le gel du point d’indice en 2011).
Si le gouvernement a choisi d’augmenter les primes et fort peu les salaires c’est évidemment parce que cela lui revient moins cher et cela à moins d’implication sur le montant des futures retraites des fonctionnaires.
En outre, l’augmentation du régime indemnitaire ne peut servir de modèle de justice sociale « au mérite », que si et uniquement si, l’égalité des chances pour accéder aux responsabilités qui donnent droit à des primes est assurée. Ce qui est loin d’être le cas. Quand il y a plus de postulants que de responsabilités offertes, le choix se fait d’ordinaire sur la base d’une proximité politique avec l’équipe au pouvoir. Le régime indemnitaire sert alors d’outil de management et récompense la docilité.
Ceux qui défendent la priorité accordée aux primes par rapport aux salaires sont d’ailleurs ceux qui bénéficient largement d’une telle politique (on a le plus souvent la morale de ses intérêts).
Pour notre part, pour combattre résolument les inégalités et accroître la cohésion au sein de notre université nous pensons qu’il faille que le pouvoir d’achat de tous soit défendu par l’augmentation des salaires.
Du 1er au 8 décembre, votez pour l’équité, votez pour la liste soutenue par le SNESUP-FSU.
Solidairement,