Pour construire son « nouveau monde » ultra-libéral, le gouvernement Macron-Philippe cogne sans relâche sur tout ce qui peut y faire obstacle : les acquis sociaux et les services publics.

Pour cela il a besoin de faire taire tous les élans collectifs qui pourraient se fédérer ; il utilise la répression policière et judiciaire (Notre-Dame-Des-Landes, universités, aide aux migrants….) et tente en parallèle de manipuler l’opinion avec le soutien des grands groupes de médias dont il est proche et qui n’ont de cesse de minorer l’ampleur des mobilisations et d’agiter la vieille fable des « usagers pris en otage » qu’il s’agisse des trains ou des facs. L’ objectif est d’entretenir une défiance voire une hostilité de la part des usagers (voyageurs, étudiants,…) à l’égard des grèves et blocages et des syndicats qui les organisent.

Poursuivant sa tentative d’éteindre les contestations, ce qui est déjà en soi un aveu de faiblesse, Emmanuel Macron réfute toute « coagulation des mécontentements » pour renvoyer chacun à ses luttes sectorielles et en affaiblir ainsi la portée.

De même quand il parle de recours massif aux emplois précaires qui accompagneront les suppressions de postes dans la Fonction Publique, il espère diviser entre eux les fonctionnaires et les non-titulaires présents et à venir. Quand il met en avant le salaire « au mérite », il espère renforcer l’individualisme par une mise en concurrence des personnels.

Son objectif est bien de diviser les uns et les autres, voire les uns contre les autres pour éviter la construction d’une unité qui constituerait une force capable de le faire reculer.

Il poursuit un but exactement identique quand il annonce aux cheminots que seuls les nouveaux recrutés seront touchés par la suppression du statut.

Il n’a rien inventé : en 1997 à la Réunion, sous la présidence de Jacques Chirac, le ministre Jean-Jacques De Peretti avait utilisé la même stratégie pour tenter de supprimer l’indexation des salaires dans la Fonction Publique en répétant que cette suppression ne concernerait que les nouveaux recrutés. Il a été bien surpris de voir la solidarité totale des agents envers leurs futurs collègues, des agents qui ont massivement fait grève, manifesté et obtenu ainsi le retrait du projet.

Et c’est bien parce que cette solidarité n’a pas failli que le projet a été abandonné.

Face au rouleau compresseur en marche contre les acquis sociaux, la FSU appelle à ne pas se laisser illusionner par la com’ gouvernementale ni abuser par une rhétorique démobilisatrice visant à faire primer les intérêts particuliers sur l’intérêt général.

Si nous voulons une société plus juste, un partage équitable des richesses, des services publics capables de répondre aux besoins de la population qu’il s’agisse d’éducation, de justice, de sécurité, de santé, d’environnement,…… il est plus que temps de converger, de fédérer, de se rassembler et d’opposer à leur faiblesse notre force collective.

C’est pourquoi la FSU appelle à la poursuite des mobilisations notamment le 1er mai, fête internationale du Travail et le 22 mai, à l’occasion de la mobilisation unitaire de l’ensemble des syndicats de la Fonction Publique.